Un mouton, deux moutons, trois moutons…

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Novembre 2016 : Samedi matin, 10h15. Je m’éveille par moi-même, pas de cadran. On annonce une journée ensoleillée, avec passages paresseux et 100% de probabilités de farniente. J’ai une belle batch de croissants sur le comptoir, des marmelades maison, le journal frais livré et mon vieux chat jaune orange qui ronronne déjà d’anticipation. C’est mon samedi, c’est cliché mais c’est sacré. J’enfile mon plus beau kit de mou et je gambade vers la cuisine pour partir le café, prélude essentiel à toute journée réussie. Ploggue le moulin, sors le lait, sors le sucre, sors le sac de…….. Zut. Plus de café.

Pognée pour m’habiller, trouver moyen de camoufler ma coiffure indomptable, sortir dehors et transiger avec d’autres êtres humains AVANT d’avoir pris mon café. Mon petit matin parfait vient de S’ÉCROULER.

Novembre 2012 : N’importe quel jour, n’importe quelle heure. Pas besoin de cadran, je dormais pas de toute façon. J’aimerais bien compter les moutons pour m’endormir, mais ma facture d’hydro et mon loyer en retard s’invitent dans le décompte et je perds le fil. Un mouton, un chèque qui rebondit, un mouton, deux semaines d’attente, un mouton, un débranchement de téléphone… On annonce une journée interminable avec 100% de probabilités d’insécurité alimentaire. Ça fait déjà 5 semaines que je patiente pour avoir mon premier chèque de chômage, et j’ai fini par venir à bout de mes réserves de cannage. Du spagatte aux tomates gratiné au spagatte aux tomates tout court, je suis passée aux pâtes à rien. C’est mon mois de novembre, c’est triste mais c’est de plus en plus répandu. J’enfile ce que je peux et je m’en vais demander de l’aide chez Moisson Estrie. Un peu tout croche de m’être rendue dans cette situation, mais tout de même soulagée. Je vais pouvoir manger à ma faim, ça va m’aider à reprendre mon élan. Y va peut-être même y avoir du café…

Non. Pas de café.

Vous vous êtes sans doute reconnu dans la première situation, peut-être moins dans la deuxième. Pour ma part, j’ai vécu les deux. J’ai souvent manqué de café dans ma vie, ça m’arrive encore d’ailleurs. En général je m’auto-traite de « nounoune, t’aurais dû y penser », je saute dans la voiture et quelques minutes plus tard mon problème est réglé. C’est pas que c’est essentiel à ma survie, plutôt à mon bonheur je dirais. On a tous un aliment fétiche comme ça. Le café, le chocolat, le fromage, le beurre d’arachides, les pâtes. On les remarque quand on n’en a plus, on passe à l’épicerie et on passe à un autre appel.

C’est une autre paire de manches lorsqu’on compte sur la solidarité des autres pour se nourrir. Or, quand on a faim au point de demander de l’aide, l’accès aux denrées qui nous font du bien a un impact considérable sur le moral.

Le café qui m’a la plus manqué n’est pas le café réconfortant qui accompagne le journal du samedi matin, ni le café stimulant du lundi quand l’activité reprend au bureau. Le café qui m’a le plus manqué est certainement celui que je n’ai pas bu pendant les deux mois où Moisson Estrie m’a accompagnée, il y a quelques années. Ce café-là me faisait réaliser que je me trouvais dans une classe à part, celle qui ne peut pas se permettre la nourriture qu’elle désire.

Heureusement, Moisson Estrie a imaginé une solution pour offrir aux gens qui ont faim une belle variété d’aliments. Car si nos précieux donateurs regarnissent nos tablettes au quotidien, la générosité ne rime malheureusement pas toujours avec la variété ! Chaque automne, la campagne La Grande Récolte sert donc à financer un magasin où sont offertes des denrées « complémentaires » à faible coût, comme du café (Merci FARO!), des pâtes ou du beurre d’arachides.

Lorsque vous ferez vos emplettes dans l’un des 50 commerces participant à La Grande Récolte, ayez une pensée pour tous ces gens qui vivent une insécurité alimentaire et qui n’ont pas la possibilité de sauter dans leur voiture pour aller s’acheter ce qui manque au dépanneur du coin. Votre don volontaire, peu importe sa taille, sa forme, leur permettra de se procurer eux aussi ces aliments dont vous ne pourriez pas vous passer !

Un petit café avec ça?

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